Portrait sur la pointe des pieds d'une danseuse qui court le globe… Un quotidien fait de fatigue, de souffrance, de travail toujours, mais aussi de joie et d'abandon… Un film épuré, silencieux, plein de grâce, focalisé sur une danseuse étoile mystérieuse…

Ce film suit Sylvie Guillem dans sa course effrénée autour du globe et dévoile la vie quotidienne de cette danseuse hors du commun.

Rien n'a été fabriqué. Elle nous a donné cette liberté de filmer ce qu'elle est : un être vrai, et cela n'est pas rien de se laisser filmer dans la fatigue, la souffrance, dans la joie, dans sa vérité et son honnêteté.

Nous l'avons captée comme elle est et c'est là où réside sa grandeur. Sylvie a su conserver son regard d'enfant tout en étant une femme étoile, danseuse allant sans retenue vers l'inconnu en gardant sa racine profonde comme un chêne : le classique. Elle incarne une modernité dans son attitude, dans la manière de mener sa carrière, elle est une énigme. Et précisément là se trouve le challenge du film.

"Le titre de ce documentaire, réduit au seul patronyme de la danseuse Sylvie Guillem, révèle le parti pris de sobriété de la réalisatrice. Proche de Guillem, elle sait la distance à avoir pour révéler une part de la vérité intime de l'étoile. Présence quasi impalpable, elle la suit partout : dans sa loge, quand elle se repose ou se maquille, dans les coulisses des scènes où Guillem danse, dans les studios de répétition. Beaucoup de gros plans de l'étoile, des cadrages précis, une épure maximale de l'image nous offrent le visage et la danse de Guillem avec une intensité rare. Guillem ne parle quasiment pas : les personnes de son entourage, comme la danseuse étoile Ghislaine Thesmar, qui la suit en répétition et la conseille pour ses rôles, disent très peu de choses, mais avec un sens du détail passionnant. On entend sur le plancher, le crissement des étoffes des costumes. Françoise Ha Van Kern entrecoupe parfois ces images d'un montage de photos, des séquences du quotidien pour réussir un portrait tout en ellipses, dont la générosité ne nuit jamais au mystère de Guillem."

Rosita BOISSEAU, Télérama n°2778, le 9 avril 2003.

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