Le malhoune signifie la "parole dialectale chantée"… Issu d'un genre né dans le Tafilalet au 12e siècle, le malhoune est toujours brillamment perpétué par les orchestres de Meknès et de Marrakech qui interprètent dans une forme proche de la poésie classique l'expression millénaire de la sagesse populaire, des espérances de l'homme et le miroir de sa réalité quotidienne…

"La musique constitue une sorte de fil rouge qui s'étire tout le long de mon parcours professionnel. (...) Je n'ai pas de raisons délibérées de m'être tant intéressée à la musique, sinon que c'est une formidable source d'inspiration pour moi. Les musiques du Maroc sont tellement riches et diversifiées que je n'ai jamais cessé d'être étonnée et de découvrir (...). Et si les musiques traditionnelles, mystiques ou spirituelles marocaines tiennent une large part dans mes films c'est qu'elles tiennent une large part dans la culture marocaine. Ce que je découvrais en redécouvrant le Maroc, c'est que ce patrimoine était formidablement vivant : autour de moi, dans les maisons, dans les soirées privées, tout le monde savait chanter, danser, battre le tambour, dire une qasida de malhoune... moi non. Je restais muette mais en même temps c'était en moi, comme lorsque vous avez un mot sur la langue qui ne demande qu'à sortir... C'est l'instinct et ma sensibilité qui m'ont inspiré de filmer les musiciens dans leur cadre naturel, dans leur costume de tous les jours. De toute façon, la musique est un langage, et ce langage véhicule l'histoire des hommes."

Izza GÉNINI.

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