Dans la série "Contacts" imaginée par William Klein, les plus grands photographes contemporains dévoilent les secrets de leurs images. Pour la première fois, ils commentent dans ces films leurs planches contacts, leurs épreuves de travail. Dans l'édition de 1975, Robert Delpire écrit ces mots à propos de ce travail qui marqua la photographie au XXe siècle : "Dans la fixité même des personnages que Josef interroge et qui l'interrogent, il y a comme une sorte de tension, un frémissement, une sourde rumeur de sang vif soudain contenu. Ce n'est pas tant le caractère provisoire de l'immobilité, le temps suspendu propre à l'instantané, c'est le sentiment que cette précaire immuabilité n'est qu'un phénomène de surface. Sous chacune de ces peaux tannées et glabres glisse silencieusement la glace de toutes les peurs. Enracinés comme des arbres secs à l'intérieur de ces murs blancs et nus, les hommes tracent les lignes, indiquent les masses d'un ordre statistiquement géométrique. Prisonniers de l'attention qu'ils portent sans naïveté à l'événement photographique, ils sont à la fois témoins et acteurs de leur propre présence. Qu'ils veillent la victime d'un meurtre, qu'ils exhibent leurs trésors dérisoires, qu'ils s'affichent devant Josef dans l'ironique ostentation d'un dénuement accepté, ils donnent à l'image son poids de classicisme et de tradition."

"(...) ses photos, on ne les oublie pas. On les garde en mémoire pour toujours. Ce que je souligne toujours chez Koudelka, c'est son esthétisme. Je dis toujours que comme il y a des personnes qui ont l'ouïe absolue, lui a la vision absolue. C'est un visionnaire absolu. Il voit, il dépeint la réalité par son objectif avec une maîtrise absolue. C'est ce qu'on retrouve dans toutes les étapes de son œuvre, que ce soit le théâtre, les gitans, l'exil, ou même ses photos panoramiques. Il y a toujours cette composition spéciale, cette suite des ombres, des gris, des blancs, tout cela est dans une harmonie totale. Elles sont composées avec une telle virtuosité ! Mais ce n'est pas de l'art pour l'art : ses photos parlent en même temps... Il y a cette maîtrise de tous ces éléments, et en même temps, un esprit unique."

Anna FAROVA, historienne d'art.

"L'œuvre de Koudelka pétrifie et métamorphose : elle change les larmes en pierres et les pierres en blessures, elle élève l'âme dans le dur. L'instant qu'elle arrête, contient les siècles. L'espace qu'elle enferme, ouvre le champ de l'univers, dedans et dehors confondus. Théâtre aux cieux opaques, où les hommes sont une si petite chose et un si grand mystère (...)."

Dominique EDDE, romancière.

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