Près de quarante ans après "Farrebique", Georges Rouquier revient dans son village… Un saisissant contraste filmé avec la même poésie…

En 1946, Georges Rouquier filmait Farrebique : pendant un an, il avait partagé l'existence d'une famille paysanne, ses peines, ses joies.

En 1983, il arrive à convaincre les personnes qui ont joué dans Farrebique à se soumettre une nouvelle fois à l'œil de la caméra. L'histoire que Georges, leur ami et cousin, leur demande de représenter dans le film n'est pas loin de leur propre histoire : l'agriculture est devenue une industrie, il faut s'agrandir ou disparaître. La terre de la ferme Biquefarre est en vente, qui l'achètera ? Autour de cette trame, l'amour conjugal de Henri et Maria, la maladie de Roch et les images du passé se mêlent à celles du présent, en contrepoint au récit.

   

"Au lyrisme serein et austère de Farrebique s'opposent l'univers des machines et l'engrenage spéculation-production de Biquefarre. Un peu comme la raison s'oppose à la folie."

Jean Louis OLIVE, Les Cahiers de la Cinémathèque, n°41, 1984.

 

"Georges Rouquier ne dresse pas un réquisitoire contre l'agriculture moderne : il se contente de montrer. Mais, croyez-moi, il ne mâche pas ses images. Il procède par touches successives, et s'installe peu à peu un kaléidoscope hallucinant du monde paysan. (...) Son film, c'est un cri de colère étouffé, c'est une douleur dite avec une pudeur infinie... C'est un roman d'amour."

Yvon LE VAILLANT, Le Nouvel Observateur, 6 avril 1984.

 

"Trente-huit ans après, nous retrouvons le même découpage sans bavures, sans déchets, le même montage pondéré, régulier, équilibré. (...) Dans Farrebique, Rouquier s'était donné pour tâche de représenter le monde paysan. Dans Biquefarre, cette tâche demeurait, mais s'y ajoutait cette autre obligation qui la compliquait singulièrement : rendre compte. Rendre compte d'une mutation, d'une évolution et aussi d'une continuité."

Christian ZIMMER, Le Monde, 5 août 1984.

 

"J'aime au cinéma l'écriture la plus simple possible, la plus pure. J'ai été définitivement marqué par Chaplin d'une part, et par Flaherty d'autre part.

Pas d'effets esthétiques gratuits, pas de mouvements d'appareil pour bluffer le monde. Chaque place de la caméra, chaque grosseur de plan doivent être décidées par le récit."

Georges ROUQUIER, 1984.

- Grand Prix Spécial du Jury, Festival de Venise, 1983.

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Ce film est accessible pour un public entre 11 et 15 ans.