Comment être journaliste politique quand tout sujet est tabou ? Comment être caricaturiste quand il n’y a plus que des massacres ? Hala Alabdalla prévoyait un film sur la caricature et le journalisme en Syrie, mais entre-temps sont survenus les événements de 2012… "Comme si nous attrapions un cobra" est le fruit d’un tournage impossible, le montage de ce qui reste…

Le point de vue d'un visionneur vidéothécaire  :

"La réalisatrice est syrienne, elle vit en France. Elle a donné comme titre à son film-ci, une expression utilisée, dans le film, par le caricaturiste, artiste, et journaliste syrien Ali Farzat qu'elle interviewe en 2010, et qui explique que pour pouvoir continuer à s'exprimer sous un régime dictatorial, il faut savoir user du même art de l'esquive et de l'attaque que ces hommes habiles qui, dans les villages, arrivent à attraper et à détruire les cobras qui ont réussi à s'y infiltrer.

La réalisatrice réussira à recontacter, via Skype, Ali Farzat en 2012, alors qu'il sort des geôles de la dictature, où il a été torturé (les mains écrasées, notamment). Il lui dit alors qu'il n'a pas attrapé le cobra, mais qu'il a réussi au moins à lui échapper.

Les différents journalistes et caricaturistes interrogés par la réalisatrice, en 2010 comme en 2012, tiennent des propos d'une profondeur et d'une acuité sur leur profession et leur art, notamment sur les rouages de la censure, qui sont de nature à faire fortement réfléchir le spectateur ordinaire, et pas seulement leurs homologues français. Le montage du film est d'une virtuosité vertigineuse. Un film rare, qui devrait avoir toute sa place dans les bibliothèques."

Gisèle BURDA, Bibliothèque publique d'information.

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