En France on estime à 250 000 le nombre de femmes ayant refusé une chirurgie réparatrice après avoir subi une mastectomie… Pour rompre le tabou et le silence sur les conséquences du cancer, certaines se sont lancées dans le projet d'une exposition artistique autour du "corps amazone"… Un hymne à la différence…

Le point de vue d'un visionneur vidéothécaire :"Le film, construit autour de témoignages de femmes ayant subi l'ablation d'un sein pour le traitement du cancer, s'attaque au tabou et au silence qui entourent la décision de ne pas avoir recours à la chirurgie réparatrice c'est-à-dire de rester "asymétrique". L'une des femmes interrogées, Annick Parent, est le fil rouge du film. En 2006 elle écrit Itinéraire d'une amazone  dans le but d'éviter aux femmes "les violences surajoutées" à celles inévitables de la maladie. Par ailleurs elle découvre les photographies en noir et blanc d'Art Myers où des femmes "asymétriques" posent avec leur conjoint : elle entrevoit un monde où il est possible de vivre, semble-t-il agréablement, avec un sein en moins après l'acceptation de l'ablation et donc de la perte. Annick Parent décide alors de créer avec l'aide d'artistes et d'autres femmes touchées par ce problème une association : "Les amazones s'exposent" afin de sortir du secret et de l'interdit affirmant qu'une autre voie est possible en dehors de la chirurgie de la reconstruction proposée par les médecins qu'un nombre très important de patientes refusent. Le film s'articule autour d'interviews où les femmes parlent de leur rapport à leur corps, à cette cicatrice, à ce trou, de ce que cela a bouleversé en elle, dans leur couple, comment les conjoints ont réagi (fuite, acceptation, silence,..). En contiguïté avec les paroles sont montrés les clichés d'Art Myers et les photographies prises pendant le tournage où les femmes interviewées sont saisies dans leur intimité, avec leur conjoint, toujours en exposant cette asymétrie qu'elles ont fait leur, acceptée et avec laquelle elles ont reconstruit l'image de leur corps. Art Myers s'exprime sur sa prise de conscience née de la maladie de sa femme qui eut un cancer du sein. Annick Parent est aussi filmée lors de réunions en vue d'une exposition dont les créations visent à montrer l'asymétrie, le corps amazone, ce choix apprivoisé de femmes. Au-delà de la maladie c'est la réappropriation du corps que vise le film, un retour à la vie (possible grâce au deuil nécessaire qu'implique l'ablation) traversé par des interrogations sur la beauté féminine et la féminité entravées par les modèles imposés par la société."Isabelle GRIMAUD, Bpi.

"Hommage assumé, ce portrait d'une battante en liberté témoigne d'une évidente empathie. (...) Brocardant des patriciens trop enclins à voir en la reconstruction mammaire une unique solution, le documentaire ne perce pas le mystère de ce tabou médical du sein unilatéral. Il trouve sa cohérence dans les propos saisissants des Amazones, dans les doutes et les exaspérations de celles qui, rescapées des bistouris et/ou de la chimiothérapie, aspirent à vitre intensément, loin des bouses blanches et des biopsies. Avec la saine voracité des survivants.Hélène ROCHETTE, Télérama 3169, 9 octobre 2010.

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