Dès ses débuts, la Révolution cubaine a compris le rôle fondamental du cinéma dans la construction d’une société nouvelle… De 1960 à 1990, l’Institut Cubain de l’Art et de l’Industrie Cinématographiques a sorti, dans 60 salles de l’île, un court métrage d’environ 10 minutes sur les évènements cubains et mondiaux…

Le point de vue d'un visionneur vidéothécaire :

"Alice de Andrade a réalisé un beau film à la gloire de ces Noticieros et de leurs réalisateurs. Les nombreuses images d'archives (photos, vidéos), souvent belles et fortes, et les interviews menées au présent en font un film très rythmé. Ce rythme tient aussi à la passion et à la complicité de ces apprentis-documentaristes qui filmaient avec peu de moyens mais beaucoup d'enthousiasme. Ici l'histoire du cinéma se mêle à l'Histoire, et la qualité des films ne cache pas leur rôle propagandiste. Le gouvernement voulait montrer que, comme les Cubains, d'autres peuples se soulevaient, les équipes de l'Institut ont donc couvert tous les conflits et insurrections.

Ce documentaire sur les documentaires met en avant le pouvoir des images, rend aussi hommage à un grand réalisateur, Santiago Alvarez."

Stéphane MIETTE, Médiathèque départementale de Seine et Marne.

"Cuba 1961, Vietnam 1967, Chili 1970, Mozambique 1973, Portugal 1974, URSS 1989... En trente ans, des milliers de noticieros furent tournés à travers le monde par des équipes de cinéma cubaines. Tous les foyers de guérilla de la planète furent couverts par ces actualités diffusées dans les cinémas de Cuba. Il s'agissait, pour le gouvernement révolutionnaire, de montrer aux Cubains qu'ils n'étaient pas seuls. Que partout le monde se soulevait. Des films de propagande bien sûr, mais pas uniquement : aujourd'hui, ces images inestimables et souvent magnifiques - l'opus intitulé Ciclón (1963) n'a rien à envier au néoréalisme - ont intégré le programme Mémoire du monde de l'Unesco.

La réalisatrice de ce documentaire passionnant s'est moins attachée à l'aspect politique qu'à l'aventure humaine de cette épopée. Elle brosse le portrait d'un homme incroyable, Santiago Alvarez, réalisateur de la plupart de ces noticieros. Ses collaborateurs de l'époque témoignent et ce sont leurs paroles, leurs anecdotes, qui nous captivent : partis sur tous les fronts, ces hommes et ces femmes, unis par le même enthousiasme, filmaient au plus près des événements historiques en compensant la précarité de leurs moyens par une créativité étonnante. Jamais l'expression "caméra au poing" n'aura été aussi justement utilisée."

Anne DESSUANT, Télérama, 19 mars 2011.

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