Chaque jour, des centaines d’hommes et de femmes traversent le Mexique, entassés sur le toit de trains de marchandises, dans l'espoir de passer la frontière des États-Unis. Une dizaine de femmes du village La Patrona, traversé par l’une des voies de chemin de fer sur lesquelles circulent ces trains, se sont données pour mission d’aider ces migrants…

Le point de vue d'une vidéothécaire :

"J'ai été très favorablement impressionnée par ce film qui a obtenu la mention des détenus de Fresnes au dernier festival Cinéma du Réel. En effet, le suspens est tenu jusqu'à la fin du film : d'abord en suivant la course effrénée de femmes portant, de nuit, dans des brouettes, de la marchandise que nous les avons vues auparavant préparer, dès que s'annonce un train qui ne s'arrête pas, ensuite à cause du risque encouru par les gens sur le train en marche qui attrapent, ou non, les sachets lancés à la volée par les paysannes de ce village de l'État de Veracruz au Mexique, ensuite pour comprendre, à la toute fin du film quel en est l'enjeu : l'alimentation en eau et nourriture des migrants clandestins d'Amérique centrale vers les États-Unis.

Comme le dit Charlotte Garson dans le catalogue de Cinéma du Réel : "l'instant furtif de la distribution relève de la poussée d'adrénaline pure, de l'excitation digne du meilleur cinéma d'action". Et un exemple de solidarité désintéressée de la part d'aussi pauvres qu'eux envers des migrants a toute sa place dans les bibliothèques publiques françaises."

Gisèle BURDA, Bibliothèque publique d'information.

"(...) Un des partis pris de réalisation les plus significatifs du film réside sans doute dans la façon d'opposer radicalement les moments de la vie quotidienne "classique" et ceux où les trains passent. Le réalisateur, dans son montage, suit pendant plusieurs jours les femmes du village. Les temps de préparation presque ritualisés des denrées défilent à l'image (le marché, la cuisson, la répartition, l'emballage, le chargement (...). Les mouvements sont précis, adéquats, silencieux... Ces temps sont tels de longs instants de calme avant la tempête ferroviaire, rapide, bruyante et puissante. Les hommes jaillissent alors de partout (des wagons, du toit du train, (...) pour tenter d'attraper des victuailles tendues à bout de bras par les femmes au bord des rails. Ça crie, ça grouille de vie, et puis... Stop. Le train est passé. La vie reprend son cours, jusqu'au prochain sifflement du train.

Quand passe le train est un film généreux. Jérémie Reichenbach aborde ici d'une manière extrêmement sensible un sujet qui lui est cher : la migration. Le film nous entraîne au plus proche de ces femmes courageuses qui donnent à des inconnus de quoi survivre dans un geste d'amour gratuit. Sans être dans la compassion, Jérémie Reichenbach nous plonge dans l'intimité de ces femmes qui ont sans doute vu partir leurs maris, leurs fils dans ces trains d'exil."

Fanny BARROT, formatcourt.com, 29 mars 2013.

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