Au Maroc, l'art et la manière d'embellir reposent essentiellement entre les mains d'une femme appelée, dans le nord du pays "ziyanna" (l'embellisseuse), partout ailleurs "neggaffa"… Personnage central, la "neggaffa" accompagne tous les rituels de beauté, c'est une artiste accomplie, une créatrice de tableaux vivants et éphémères…

"Pour être belle, une femme se doit de posséder des écorces de noyer (pour les dents), du henné et du Khôl". Tel est le tout premier conseil de celle qu'on appelle Ziyana, au nord du Maroc, c'est à dire "l'embellisseuse".  Partout ailleurs, son nom est Neggaffa, ce qui signifie " celle qui fait éclore la beauté".La Neggaffa est tout à la fois, une fée qui transforme une femme simple en reine, une magicienne qui connaît la faveur des astres, une artiste qui exerce l'art des tatouages mystérieux et des maquillages ensorcelants, une savante qui possède les secrets des recettes antiques et toutes les nuances du protocole cérémonial, enfin, une conteuse et une initiatrice qui transmet son savoir, acquis de générations en générations.Le documentaire nous invite à accompagner Hajja Khadija et Fanida dans leurs voyages à travers le pays. Captivantes conteuses, ces femmes qui sont désormais des professionnelles, initient les femmes aux secrets des soins du corps, à la célébration d'un événement particulier, comme la puberté d'une jeune fille, le mariage d'une autre.Pétale de rose, boutons de fleur d'oranger, lavande, camomille, poivre,... autant d'ingrédients qui composent les mixtures dont les Neggaffas ont seules la science et qui rendent les cheveux noirs comme de l'ébène, la peau douce comme de la soie.A travers cet hommage aux Neggaffas, nous entrons, "pour le plaisir des yeux", dans l'univers feutré des femmes marocaines, et vivons avec elles la beauté de moments colorés où se mêlent traditions, magie et ferveur sacrée.

En cours de chargement ...