A Rennes, la maison d’arrêt construite au début du XXe siècle déserte le centre ville vers la périphérie. Dans les deux établissements se pose la question de la manière dont l'architecture interfère dans le mode de fonctionnement d'une prison et le lien entre la modernisation des locaux et l’amélioration de la vie en détention. Au-delà de la prison, il questionne le postulat selon lequel, nouveauté et avancée technologique signifient nécessairement, mieux-être et progrès.

"Un document rare et précieux sur la réalité de la vie en détention."

Hélène MARZOLF, telerama.fr, 16 juillet 2012.

Le point de vue d'un visionneur vidéothécaire :

"Le film est fondé sur des entretiens menés principalement avec une poignée de détenus et quelques agents pénitenciers. Ils témoignent à visage découvert avec une remarquable sérénité. Cette confiance dans l'équipe de réalisation est sans doute le fruit d'un long travail de préparation, sur lequel repose le succès du film.

La réalisatrice de Une prison dans la ville (sur la maison d'arrêt Cherbourg) est photographe et sait par ailleurs remarquablement filmer les espaces carcéraux dans leur rapport à la ville.

Catherine Rechard met également la photographie au service de son film. En montrant les clichés "publicitaires" de la nouvelle prison aux détenus, elle incite efficacement ceux-ci à exprimer leurs attentes, et place le spectateur dans l'attente du déménagement en renforçant son empathie à l'égard des prisonniers.

Dès lors la question de l'architecture et de l'organisation carcérale deviennent miraculeusement sensible, et nous entrons de plain-pied dans le quotidien des prisonniers, dont le générique restitue d'ailleurs l'identité par leurs prénoms (en préservant leur anonymat).

En quelques propos, les principaux aspects de la nouvelle vie des détenus sont évoqués : l'hygiène et le confort se sont vraiment amélioré mais le silence et l'isolement règne. Le caillebotis de sécurité qui obstrue la fenêtre des cellules, ne permet plus d'apercevoir la vie de la Cité.

L'atmosphère générale est à l'apaisement. La violence carcérale semble mise entre parenthèses par les espoirs et les inquiétudes suscitées par le déménagement. Ce moment particulier est cependant l'occasion de s'interroger sur l'efficacité de l'enfermement et les conditions d'incarcération dans ces nouveaux centres pénitenciers."

Julien FARENC, Bibliothèque nationale de France, Paris.

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