A Marrakech, les rythmes des tambourineurs de la dekka, des femmes percussionnistes des houara, des musiciennes de la "aïta" et des mwazniya, ces violonistes qui jouent en dansant, résonnent dans toute la ville…

La fête de Achoura est le temps privilégié de la musique, toute la médina vibre au son des tambourins, des crotales et du neffar, longue trompe de cuivre. Dans les ruelles de la médina les troupes de chaque quartier rivalisent de virtuosité avant de se retrouver dans les jardins de la Ménara pour célébrer dans la joie la fête champêtre de la nzaha.

"La musique constitue une sorte de fil rouge qui s'étire tout le long de mon parcours professionnel. (...) Je n'ai pas de raisons délibérées de m'être tant intéressée à la musique, sinon que c'est une formidable source d'inspiration pour moi. Les musiques du Maroc sont tellement riches et diversifiées que je n'ai jamais cessé d'être étonnée et de découvrir (...). Et si les musiques traditionnelles, mystiques ou spirituelles marocaines tiennent une large part dans mes films c'est qu'elles tiennent une large part dans la culture marocaine. Ce que je découvrais en redécouvrant le Maroc, c'est que ce patrimoine était formidablement vivant : autour de moi, dans les maisons, dans les soirées privées, tout le monde savait chanter, danser, battre le tambour, dire une qasida de malhoune... moi non. Je restais muette mais en même temps c'était en moi, comme lorsque vous avez un mot sur la langue qui ne demande qu'à sortir... C'est l'instinct et ma sensibilité qui m'ont inspiré de filmer les musiciens dans leur cadre naturel, dans leur costume de tous les jours. De toute façon, la musique est un langage, et ce langage véhicule l'histoire des hommes."

Izza GÉNINI.

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