Les Juifs et les Musulmans du Maroc ont préservé avec ferveur et passion les trésors de leur patrimoine musical commun hérité de l’époque bénie de l’Andalousie tolérante et conviviale d’avant 1492… Le matruz, littéralement "pièce brodée", est un genre musical qui illustre parfaitement cette co-existence…

En 1988, à Paris, Abdelsadek Chekara, l'un des maîtres de la musique arabo-andalouse, venu spécialement de Tétouan avec son orchestre, se retrouve sur la même scène que le rabbin Haïm Louk pour un concert exceptionnel. Dans un accord parfait et avec un plaisir apparent, ils jouent le matrûz, genre musical dont les chants sont interprétés alternativement en arabe et en hébreux. Avant le départ de nombreux Juifs du Maroc, la musique arabo-andalouse était autant exécutée par des Juifs que par des Arabes. Ils partagent les mêmes sources musicales ; les styles, les voix et les tessitures sont identiques.

Une éloquente et émouvante illustration de l'époque où les deux communautés vivaient en bon voisinage, dans une véritable osmose culturelle.

"(...) Izza Genini se passionne pour ses origines et notamment pour ces musiques où Juifs et Arabes partagent si bien leur sensibilité. Un sommet est le film Cantiques brodés où lors d'un concert de matruz, genre musical hérité de l'Age d'Or andalou, le rabbin Haïm Louk et le chanteur musulman Abdelsadek Chekara chantent alternativement des couplets en arabe et en hébreu ! La beauté des chants et l'harmonie qui en émanent sont époustouflantes et fortement émouvantes si l'on songe aux vicissitudes de l'Histoire."

Olivier BARLET, africultures.com

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