Les conditions de travail dans les fabriques tsaristes sont inhumaines, la révolte pointe… Une "mère courage" va peu à peu se ranger dans le rang des révolutionnaires… Une œuvre de référence…

La mère, c'est cette paysanne dont le mari est alcoolique, et le fils, ouvrier, soutient les idées révolutionnaires.

Elle qui désapprouve pourtant les idées de son fils, va peu à peu se ranger à ses côtés après une série d'événements.

Avec ce film, librement inspiré du roman éponyme de Maxime Gorki publié en 1907, Poudovkine s'impose comme un des grands du cinéma soviétique.

"(...) Ce drame social et politique est avant tout l'histoire de la lente prise de conscience politique d'une "mère courage" à la Bertold Brecht, que rien ne poussait à un destin héroïque, mais qui va peu à peu se ranger dans le clan des révolutionnaires. Quelques séquences superbes : la fuite de Pavel sur les glaces de la Neva (assimilé au fleuve du peuple se libérant de ses chaînes) ou le sacrifice final de la mère brandissant bien haut l'étendard de la révolution et mourant sur le cadavre de son fils... Film lyrique et naïf, intime et généreux, qui révèle l'amour du cinéaste pour les caractères exemplaires (...)"

Xavier LACAVALERIE, Télérama hors série, Le guide du cinéma chez soi, 2002.

"(...) Poudovkine a expliqué qu'il a composé ses scènes tantôt selon un naturalisme exagéré (la beuverie à la taverne par exemple), tantôt en s'inspirant de la peinture classique (la visite des soldats, le tribunal, etc.). En vérité, Poudovkine n'est pas un théoricien, (...) il utilise néanmoins avec un savoir-faire consommé la contre-plongée pour sublimer ses personnages, et la plongée pour traduire leur état de soumission. Il a su imaginer des scènes que seule la psychanalyse a su expliciter, telle celle où un gardien noie un cafard qui s'efforce de sortir de la platée de bouillie : cela montre qu'il n'y aura pas d'évasion possible pour le fils, mais qu'il mourra dans les bras de sa mère (symbolisée par le lait). (...) A la veille de la guerre, en 1939, la Mère était considéré par la critique comme un des dix chefs-d'œuvre du cinéma (...)"

Marc FERRO, Dictionnaire des films, sous la direction de Bernard Rapp et Jean-Claude Lamy, 2002.

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